EDITORIAL

FR


Le festival ImageSingulières grandit. Mais la satisfaction de sa « réussite » et la richesse de cette aventure ne justifient en rien son existence propre. Seuls son contenu, son engagement, ses indignations importent au final et seront, par là même, les garants de sa longévité.

Élaborer un programme n’est pas une mince affaire. Ce n’est pas non plus un métier en soi. Plutôt une suite de rencontres et de (re)découvertes. Il est bien sûr important de se référer à l’histoire (de la photographie documentaire) de s’en servir comme d’un repère idéologique mais, pour autant il ne faut pas idéaliser ce passé… Il ne faut pas non plus ignorer les formes, parfois déroutantes, que peut prendre l’approche documentaire aujourd’hui, qui, tout en s’affranchissant des dogmes, s’approprie naturellement les « nouveaux » médias. Et surtout, il ne faut pas croire que la photographie seule pourrait suffire pour témoigner d’un monde. Il devient alors possible d’explorer d’autres champs artistiques (vidéos, installations…) qui enrichiront nos thématiques. L’essentiel étant l’affirmation de points de vue différents. La forme important finalement peu.

En 2011, L’Espagne « poussera un peu sa corne » du côté de Sète. Juan Manuel Castro Prieto sera l’auteur du quatrième (déjà) opus de la collection ImageSingulières. Il a promené, en couleur, sa chambre 20×25 du côté du quartier haut et de la pointe courte à la recherche « du temps passé ». À la mémoire de Sète.
Ricky Dàvila quant à lui proposera sa série « Ibérica », une somme d’images alternant portraits et paysages, où l’intention documentaire et la dimension artistique s’entremêlent tout comme la réalité et la fiction sans que l’on ne comprenne toujours où sont les frontières ! De plus une soirée de projection, la seconde, sera confiée à Christian Caujolle pour un panorama de la photographie espagnole.
Letizia Battaglia, passionaria infatigable, viendra témoigner du combat de sa vie: dénoncer les crimes de la mafia. Nous en profiterons pour développer dans un nouveau lieu-concept, une large thématique qui nous mènera en Russie, au Japon ou encore au Salvador sur les traces de la pieuvre.

Si les célébrations nous laissent parfois de marbre, il eut été dommage de ne pas fêter les 20 ans du collectif Tendance Floue pour un « mad in Sète » prometteur. L’ensemble du collectif (14 photographes) investira la ville quelques jours en amont de notre rendez-vous. Leur travail sera montré en temps réel à l’ancien collège Victor Hugo et fera l’objet d’une édition.

2011 sera une année importante pour toute l’équipe de CéTàVOIR qui porte ImageSingulières. L’ouverture d’une maison de l’image documentaire, la MID, qui va installer durablement la photographie à Sète, est une étape tout à fait primordiale dans son développement.

GILLES FAVIER
Directeur artistique d’ImageSingulières
 

EN

The ImageSingulières festival is growing. Yet the satisfaction of its “success” and the very magnificence of the adventure are not enough to justify the fact of its existence. Its content, its commitment, its indignation are all that truly count at the end of the day and will be, in their very essence, the guarantee of a lasting venture. Working out a programme is no small matter. And yet it’s not a profession unto itself, but rather a series of meetings and (re)discoveries. Of course it is important to include historical references (that of documentary photography), to use these as ideological landmarks, but we must be careful not to idealise the past…
Neither should we ignore the sometimes disconcerting forms that today’s documentary approach might take, side-stepping dogma and naturally appropriating “new” medias. Above all, we mustn’t believe that photography alone suffices as a testimony of the world. This leads us to explore other artistic fields (videos, installation art…) that will add to our themes. The most important being the assertion of different points of view. Form actually doesn’t matter all that much

In 2011, Spain will “thrust its horn” in Sète’s direction. Juan Manuel Castro Prieto will be the author of the fourth( already!) opus of the ImageSingulières collection. He has carried his 20×25 bedroom, in colour, to the upper quarters of the “pointe courte” on a quest for “times gone by”, in memory of Sète. Ricky Dàvila proposes “Ibérica”, a sum of images alternating portraits and landscapes, where the documentary intention and artistic dimension are interwoven, just like reality and fiction, where boundaries remain uncertain! In addition, an evening projection, the second, will be entrusted to Christian Caujolle for a panorama of Spanish photography.

Letizia Battaglia, a tireless Passionaria, will be sharing with us her life combat: denouncing the mafia’s crimes. This will be the opportunity of developing, within a new concept location, a broad theme that will take us as far as Russia, Japan or Salvador following in the footsteps of the octopus. Although we often remain unmoved by celebrations, it would have been a shame not to mark the twentieth anniversary of the Tendance Floue collective for a promising “mad in Sète”. The entire collective (14 photographers) will be investing the town a few days before our meeting. Their work will be shown in real time progress at the Ancien Collège Victor Hugo and will later be published.

2011 will be an important year for the entire CéTàVOIR team who carry ImageSingulières. The opening of a “maison de l’image documentaire”, the MID, making photography a permanent fixture in Sète, is an essential step in its development.

GILLES FAVIER
Artistic director of ImageSingulières
 
 


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