« Rendre habitables
les ruines
d’un monde »



Ces quelques mots résumaient en 2020 l’esprit du festival ImageSingulières. C’était avant la Covid et son chapelet morbide d’interdictions en tout genre. Gardons cette phrase en guise de leitmotiv pour cette année en espérant des jours meilleurs pour tous.

Tout devient plus complexe, il faut avancer à l’aveugle et avec la peur (au ventre) que notre festival ne soit à nouveau impacté. Les plans B et C et même D, nous les avons cogités et imaginés tout l’hiver mais l’équipe entière a décidé d’adopter la méthode Coué... Continuer à préparer le festival avec minutie, malgré les aléas économiques, et traiter les auteurs avec une bienveillance accrue.

ImageSingulières entreprend aussi une mutation qui lui permettra visibilité et durabilité, car nos habitudes, nos lieux d’expositions et de rencontres vont changer dans les années à venir. Sète est aussi en pleine transformation et les friches industrielles que nous affectionnons se font plus rares. Nous devons rapidement nous adapter pour un nouveau festival. Les temps changent et nous changeons nous aussi, les préoccupations écologiques vont être au cœur du projet avec la prise en compte de notre empreinte que nous voulons minimiser. Nous y serons attentifs.... Quoi qu’il en soit, cette année encore, nous vous avons préparé avec cœur une programmation exigeante.

À la Maison de l’Image Documentaire, nous aurons le plaisir de montrer deux propositions : l’Allemagne de Ute Mahler, celle d’avant la chute du Mur, avec des images de rue, des intérieurs aussi, pour un panorama de la vie privée en RDA d’une infinie délicatesse. Et, installée au rez-de-chaussée que nous occuperons pour la première fois, la série « Oil and Moss » de Igor Tereshkov, qui témoignera des ravages de l’industrie pétrolière au cœur de la Russie dans le district autonome des Khantys-Mansis.

Le remarquable travail de Marylise Vigneau « Article 19 », autour d’une loi qui porte atteinte à la liberté de parole au Pakistan, sera à la salle Tarbouriech.

C’est à l’ancien collège Victor Hugo que nous présenterons les deux derniers lauréats du Grand Prix ISEM : Romain Laurendeau, pour une dramatique plongée dans l’univers de la drogue chez les jeunes palestiniens de Cisjordanie et Christian Lutz avec un projet sur la montée des nationalismes dans la vieille Europe. Ils seront accompagnés de la décapante chronique familiale de Cecilia Reynoso, jeune photographe argentine.

Au tout nouveau conservatoire Manitas de Plata, une installation extérieure en containers mettra en avant le travail de Panos Kefalos sur les jeunes migrants afghans d’Athènes et « The Cracker » de Laura Pannack, des portraits saisissants de jeunes ados du Nord de l’Angleterre. Cette série ornera également le fronton de la gare SNCF de Sète.

La résidence 2021 a été confiée à Hugues de Wurstemberger. Elle sera montrée comme à l’accoutumée à la Chapelle du quartier haut et promet un nouveau portrait singulier de la ville et de ses alentours.

Cette année, ImageSingulières se délocalise et s’étend au territoire de l’Archipel de Thau avec deux expositions hors-les-murs de la ville de Sète. « Bastard Countryside » de Robin Friend sera au Musée Ethnographique de l’Étang de Thau, à Bouzigues. Ioana Cîrlig, présentée au Jardin Antique Méditerranéen à Balaruc-les-Bains, nous livrera un tendre portrait de sa Roumanie post-industrielle.

L’ancien collège sera le cœur battant du festival. Tendance Floue, retracera les 30 années du collectif à travers une imposante fresque murale. Les éditeurs photo seront également à l’honneur avec une invitation lancée à France Photo Book. Des rencontres, des signatures, un studio photo et même une brocante photo y seront aussi organisés. Et pour ne pas déroger à nos habitudes, deux soirées de projection sont prévues au Théâtre Molière, Scène Nationale de l’Archipel de Thau, à Sète.

Valérie Laquittant, directrice
Gilles Favier, directeur artistique