Marion Gronier

AMERICAN MONUMENTS

(France)

© Marion Gronier

Tous les Américains connaissent cette plaisanterie à propos de leurs ancêtres, disant qu’il est bien dommage que le Rocher de Plymouth n’ait pas atterri sur les pèlerins du Mayflower plutôt que le contraire. Cette boutade ne m’a jamais paru très drôle, elle est hargneuse, vindicative, et renferme de surcroît une bien triste vérité : la fixité de ce roc s’est traduite en effet par l’extermination des Indiens, l’asservissement des Noirs et la débâcle spirituelle de ces Européens sans feu ni lieu qui se font aujourd’hui appeler Américains alors qu’ils n’ont jamais pu résoudre le problème de leur appartenance, tant au continent qu’ils ont fui qu’à celui qu’ils ont conquis.

– James Baldwin, Sans allusion, 1964

À travers des portraits des communautés descendantes de ces peuples qui ont façonnés les États-Unis, je cherche à faire réapparaître les fantômes qui hantent cette histoire et à attester de la persistance de cette violence devenue systémique.

Avec le soutien à la photographie documentaire contemporaine du Centre national des arts plastiques.

VERNISSAGE
Vendredi 24 avril à 18h

+ LA PHOTOGRAPHE

Marion Gronier est née en 1976. Après deux ans de classes préparatoires littéraires, une maîtrise de cinéma et un DESS de médiation culturelle, elle découvre la photographie. Trois ans comme assistante à l’Agence VU’ forment son regard. Elle commence à photographier en 2003, portée par des projets personnels qui, très vite, se fixent sur les visages. Depuis, son travail photographique creuse le portrait. La figure humaine est pour elle une source de fascination et de mystère inépuisable. Un visage, arrêté par la photographie, prend le temps de déplier sous nos yeux d’infimes tremblements, d’intimes bouleversements. Il oscille, vibre, plonge et jamais ne se fige. Il nous est proche comme un reflet et lointain comme un fantôme qui nous regarde à travers l’épaisseur du temps.

www.manongronier.com