– ESPACE SNCF GARES & CONNEXIONS –
du 29 mai au 16 juin
Vernissage le jeudi 30 mai à 11h30

REGLA

NICOLA LO CALZO



© Nicola Lo Calzo / GALERIE DOMINIQUE FIAT

 
A Cuba, le mot regla est polysémique. C’est le nom de la ville portuaire Regla, située à la périphérie de la Havane, et qui est considérée comme un des plus importants centres religieux du pays.

© Nicola Lo Calzo / GALERIE DOMINIQUE FIAT

Regla fait également référence aux trois religions afro-cubaines majeures que sont la Regla de Ocha ou Regla de Ifá, plus connue sous le nom de Santería, la Regla de Palo, et la Regla Abakuá.

En espagnol commun, regla signifie la règle, le principe, le précepte ou la loi, et par métonymie, à Cuba même, le vocable désigne le régime cubain. Cuba a deux visages. Le premier est connu du grand public, c’est le visage de la Révolution cubaine, le visage du mythe, de la Patrie...Le second visage de Cuba est souterrain, silencieux, secret, invisible à la plupart ; il prend la figure des sujets singuliers, des Cubains ordinaires, de la masse de travailleurs qui, une fois rentrés chez eux après une journée de devoir patriotique, quittent le « Nous » de la nation pour recouvrir le « Je » de leurs différences, de leurs particularismes, de leurs imaginaires multiples et contradictoires.

Cette expression du « Je » doit beaucoup à la culture afro-cubaine, née au coeur de la plantation esclavagiste, comme réponse de survie et de résistance à la barbarie. C’est ainsi que, cent trente ans après l’abolition de l’esclavage, les comparsas du Carnaval, la Regla de Ocha, la Regla de Palo Monte, la société secrète Abakuá, et sont des pratiques religieuses et séculaires toujours très vivantes à Cuba. Ils sont des espaces sociaux de résistance et de contre-pouvoir qui puisent leurs origines dans les luttes d’émancipation des esclaves et pour l’abolition de l’esclavage au XIXème siècle.

Regla est une étape du projet au long cours, Cham, autour des mémoires vivantes de l’esclavage colonial, des résistances à celui-ci, de ses abolitions.

Avec le soutien à la photographie documentaire du Centre national des arts plastiques






Photos © Nicola Lo Calzo / Galerie Dominique Fiat


LE PHOTOGRAPHE
Nicola Lo Calzo est un photographe né à Turin (Italie) en 1979. Il vit et travaille entre Paris, l’Italie, l’Afrique de l’Ouest et la Caraïbe. En tant que LGBT, sa pratique et sa recherche photographique interrogent les notions d’intersectionnalité, colonialité et identité. Les photographies de Nicola Lo Calzo donnent notamment à voir les façons dont les groupes minoritaires interagissent avec leur environnement, les façons dont ils développent des stratégies de survie et de résistance. Depuis huit ans, il est engagé dans une recherche photographique au long cours autour des mémoires de la traite négrière et de l’esclavage. Ce projet ambitieux, intitulé Cham, a connu et connaîtra encore des étapes en Afrique, dans les Caraïbes et en Amérique. Ses photographies ont fait l’objet de nombreuses expositions dans des musées, centres d’art ou festivals, dont le Macaal à Marrakesh, Afriques Capitales à Lille, le Musée des Confluences de Lyon, le Musée National Alinari de la Photographie à Florence, la Fondation Zinzou à Cotonou et le Tropenmuseum à Amsterdam. Il est présent dans de nombreuses collections privées et publiques, dont la Lightwork collection à Syracuse (NY), les Archives Alinari à Florence, la Pinacoteca Civica à Monza, la Bibliothèque Nationale de France à Paris ou encore le Tropenmuseum à Amsterdam. Les éditions Kehrer, Andrè Frère et Alinari ont publiés plusieurs livres de Nicola Lo Calzo : "Regla" (2017), "Obia" (2015) "Inside Niger" (2012), "Morgante" (2011). Il est également un collaborateur régulier de la presse internationale.

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