© Panos Kefalos / Saints – INLAND

PANOS KEFALOS

Saints

Grèce

CONSERVATOIRE MANITAS DE PLATA
Du 12 au 30 MAI 2021

VISITES ACCOMPAGNÉES EN MATINÉE / Sur réservation (à venir)
VISITES LIBRES LES APRÈS-MIDI / dans la limite des jauges imposées

Pourquoi « Saints » ? Le lien entre le titre de mon livre et le sujet qu'il traite n’est pas évident. J’ai choisi le mot « Saints » parce qu’il représente, à mes yeux, une quête spirituelle. Par mon travail j’ai voulu combler un vide spirituel : trouver quelque chose me reliant aux individus qui apparaissent sur mes images, ou les reliant à ma ville, ou encore me reliant à l’inapaisable fantôme de mon passé.

À l’automne 2012, ma participation à un tout autre travail m'a amené à Victoria Square, dans le centre-ville d’Athènes. À l’époque, je cherchais à saisir le quotidien d’enfants – principalement des réfugiés afghans – qui travaillaient et jouaient sur la place. Il s’est rapidement avéré que cela devenait beaucoup plus que ça. Mon travail photographique se transformait en un sujet sur l’enfance – ce miroir brisé de notre vie d’adulte – et sur les forces responsables de sa destruction : fragilité et liberté sans contraintes, la violence brutale de la guerre et la spontanéité des jeux d’enfants.

Le Saint est celui qui ouvre la voie de la rédemption et de la transcendance au pécheur. Le lien que j'ai créé avec trois des enfants et leurs familles a libéré une tension et a dissipé toutes mes peurs les plus intimes. Ils m’ont appris que la connexion la plus authentique naîtrait en observant leur monde comme un photographe se doit de le faire : à travers mes propres yeux. En fouillant dans mes sentiments intimes et mes croyances personnelles, les souvenirs et les instincts primaires qui se débattaient à l’intérieur de moi pour faire surface ont soudainement été libres de se répandre. Ces photos ne racontent pas une histoire. Ce sont des associations libres d’images et de réflexions sur mon ressenti lors de notre rencontre.

En 2015, tous ceux que je connaissais avaient quitté la Grèce. J'ai documenté la crise des réfugiés qui a éclaté en août de cette même année : entouré de chaînes TV et de photojournalistes du monde entier, je prenais mes derniers clichés. C'était un temps de grands titres de la presse internationale – quêtes personnelles et amitiés semblaient alors, face à la pression de l'actualité, des préoccupations du passé.

Quelques jours plus tard, j'ai décidé qu’il était temps de présenter cette expérience sous la forme d’un livre et j'ai enfin quitté la Grèce pour me rendre en Italie et commencer mon travail d’editing.

Panos Kefalos s’est fait connaître avec le livre « Saints », publié en 2016 par la Fabrica en Italie, une chronique personnelle autour de jeunes migrants afghans et de leurs familles à Athènes.
Son travail a fait l’objet de plusieurs publications dans la presse, d’expositions nationales et internationales et a reçu de nombreux prix et récompenses (dont le Leica Oskar Barnack Award en 2014 ou encore le Prix du Jury pour le Prix LensCulture Street Photographie en 2016).
Aujourd’hui, il travaille sur ses projets personnels au long court dans le centre de la capitale grecque, où il vit.