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EXPOSITION "PAYSANS" > LES GENS DE MON VILLAGE

DENIS DAILLEUX

Provincial, je suis monté à Paris, au début des années 80, dans l’espoir de devenir photographe. Mais la réalité fut autre et il a fallu que je travaille pour gagner ma vie. J’étais perdu, enclin à des doutes, sur le point d’abandonner mon rêve quand j’ai lu Lettres à un jeune poète, de Rainer Maria Rilke.

C’est dans ce livre que j’ai trouvé la voie à suivre pour commencer un travail d’auteur. Il dit : « Et si même vous étiez dans une prison, si les murs ne laissaient venir à vos sens aucun des bruits du monde alors auriez-vous votre enfance cette richesse délicieuse et royale, ce trésor de souvenir ? Tournez de ce côté votre attention. « ... En lisant cette phrase, j’ai compris qu’il fallait que je revienne vite dans mon village pour tenter de regarder en face la nostalgie que j’éprouvais pour ma propre enfance. La questionner et la resituer ailleurs.

J’ai grandi dans une modeste maison avec mes grands-parents, mes parents et ma sœur. J’avais peu de contraintes et je passais beaucoup de temps à rêver dans notre jardin en compagnie de ma grand-mère. Les dimanches en été, quand nous allions rendre visite à notre famille ou bien aux amis de mes parents, presque systématiquement nous allions visiter le jardin. J’aimais beaucoup ces moments où nous observions les plantes.

C’est ce que j’ai essayé de raconter à travers cette première série. J’ai essayé surtout de tourner autour de la légende qui veut que les filles naissent dans une rose et les garçons dans les choux. Mes images en donnent une autre version.



© Denis Dailleux / Agence VU

BIOGRAPHIE
Français. Né en 1958 à Angers. Vit entre Le Caire et Paris.
Membre de l’Agence VU’ (Paris), il est représenté par la galerie Camera Obscura (Paris) et la Galerie 127 (Marrakech).
Avec la délicatesse qui le caractérise, il pratique une photographie apparemment calme, incroyablement exigeante, traversée par des doutes permanents et mue par l’indispensable relation personnelle qu’il va entretenir avec ce - et ceux - qu’il va installer dans le carré de son appareil. Sa passion pour les gens, pour les autres, l’a naturellement amené à développer le portrait comme mode de figuration privilégié de ceux dont il avait l’envie, le désir d’approcher davantage ce qu’ils étaient. Et il l’a fait, avec les célébrités comme avec des anonymes des quartiers populaires du Caire, avec cette même discrétion qui attend que l’autre lui donne ce qu’il espère, sans le revendiquer, en espérant que cela se produira. Alors, patiemment, il a construit un portrait inédit de la capitale de cette Egypte avec laquelle il entretient une relation amoureuse, voire passionnelle, pour mêler, entre des noirs et blancs au classicisme exemplaire et des couleurs à la subtilité rare, une alternative absolue à tous les clichés, culturels et touristiques, qui encombrent nos esprits. Depuis quelques années, tout en continuant à photographier l’Egypte, Denis Dailleux se rend régulièrement au Ghana où il explore de nouvelles relations au corps et à l’espace, à la vie et à la mort, à la communauté, à la mer, qui ouvrent de nouveaux horizons à sa recherche photographique.



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