© Romain Laurendeau / Mister Nice Guy

ROMAIN LAURENDEAU

Mister Nice Guy

France / HANS LUCAS / Grand Prix ISEM 2019

ANCIEN COLLÈGE VICTOR HUGO
Du 12 au 30 MAI 2021

VISITES ACCOMPAGNÉES EN MATINÉE / Sur réservation (à venir)
VISITES LIBRES LES APRÈS-MIDI / dans la limite des jauges imposées

Israéliens et Palestiniens vivent côte à côte, parfois entremêlés mais toujours dans des espaces cloisonnés. Presque tout les différencie et pourtant, ces dernières années, la consommation de drogue n’a cessé d’augmenter des deux côtés. La dernière substance en vogue chez les jeunes est le « Mister Nice Guy ».

Le « Mister Nice Guy » est un cannabis de synthèse 50 à 100 fois plus puissant que la marijuana et bien plus dangereux. Il se présente sous forme d’herbe sur laquelle ont été pulvérisés des produits divers : acétone, pesticides, speed et parfois même de la mort au rat. Le shoot est court et violent et l’addiction devient immédiate. Les conséquences sur la santé sont désastreuses : problèmes de rein et de foie, malaises, états psychiques délirants et paranoïaques, dépression.
Cette drogue est d’abord entrée discrètement dans les territoires palestiniens occupés : via Israël où elle était légale jusqu’en 2013 et très populaire chez les jeunes conscrits de l’armée israélienne. Depuis son introduction, les laboratoires ont poussé comme des champignons dans la Cisjordanie voisine.

Le centre de désintoxication de l’association Al Sadiq est situé à Al-Eizariya en Cisjordanie, à peine quelques kilomètres à vol d’oiseau de Jérusalem, mais de l’autre côté du mur de séparation. Il se trouve dans une de ces nombreuses « zones tampons » palestiniennes, livrées à elles-mêmes, et parmi les plus touchées par le trafic et la consommation de drogue.

C’est l’un des seuls centres de traitement des territoires palestiniens occupés. C’est aussi le plus ancien et le plus dur. Avec sa politique d’enfermement total et de sevrage sans médicament, il accueille une trentaine de patients pour des périodes de plusieurs mois. Ces toxicomanes sont de plus en plus jeunes, et ils ont tous ou presque succombé au « Mister Nice Guy »

Après une formation de photographe, Romain Laurendeau contracte un kératocône, une maladie qui déforme progressivement ses cornées. Pendant ces années de maladie, il explore l’intime, au travers de séries introspectives se nourrissant de ses doutes. En 2009, une transplantation de cornée lui sauve la vue. C’est une libération. Il est alors submergé par une soif de liberté et de l’envie de comprendre le monde. Depuis, Il n’a de cesse de voyager afin de documenter la condition humaine sous tous ses aspects sociaux, économiques et politiques. Pendant trois ans, il réalise au Sénégal des sujets remarqués notamment sur les chercheurs d’or. Depuis 2014, il mène un travail de fond et au long cours, sur un pays assez peu couvert par la presse française, l’Algérie.