– Chapelle du Quartier Haut –
- Vernissage le samedi 27 mai à 11h / visite avec la photographe le dimanche 28 mai à 14h30 -

ARTISTE EN RÉSIDENCE > ANNE REARICK

SETE #17

Des gens, des lumières. On pourrait dire que Sète se résume à cela sous l’œil d’Anne Rearick. Tout simplement, avec l’immense liberté qui est la sienne, avec la souplesse qui lui fait balader de façon élégante le carré de son cadre jusqu’à réduire, sans le limiter, l’espace de son expérience à ce carré qui devient magique parce qu’inexplicable.

Son Sète est habité de personnages entre lesquels elle n’établit aucune hiérarchie mais avec lesquels elle recherche un dialogue d’images en espérant que, l’un à côté de l’autre, ils donneront non un portrait – impossible – de la ville, mais un bon exemple de sa collection de souvenirs de ses visites à Sète. Débarrassée de tout projet globalisant elle laisse chacun s’exprimer tour à tour avec des regards, des poses, des gestes, un mouvement et elle renoue justement avec cette photographie profondément humaniste qui ne regarde jamais son nombril, qui ne cherche pas son ego ou son identité mais va à la rencontre de l’autre, son égal.

Cette photographie, si loin des mises en scène convoquant des dispositifs – et des moyens – plus proches du cinéma que d’une tradition photographique se fait aujourd’hui de plus en plus rare, elle n’est plus guère en accord, semble-t-il, avec une demande, voire une exigence de spectaculaire qui s’affirme dans tous les domaines. Pourtant cette attitude renvoie à des fondamentaux de la photographie, à une attitude sans arrogance par rapport au réel, à une forme d’humilité de la part de ceux qui savent que, pour que l’image soit possible, il a fallu que dans le monde qu’ils expérimentent et traversent existent, avant tout déclenchement, des éléments, des objets, des formes, des gens et des lumières.

André Kertesz disait : « Je photographie des petits rien ». Anne Rearick, aujourd’hui, me fait penser à lui. Et c’est beaucoup.
Christian Caujolle - Sète #17

© Anne Rearick / Agence VU

BIOGRAPHIE
Photographe américaine. Née à Caldwell en Idaho. Vit à Gloucester, États-Unis.
S’inscrivant dans la grande tradition photographique documentaire, Anne Rearick travaille sur des sujets au long cours, approfondissant les relations avec les gens et les lieux qu’elle saisit au fil du temps. Elle dépeint l’expérience quotidienne de ses sujets, et célèbre son étendue, en se tenant à bien des égards, au même niveau qu’eux plutôt que face à eux. Elle sait aux États-Unis, en Afrique du Sud tout comme au Pays basque, porter le même regard généreux sur les êtres pour donner des images qui veulent, avant tout, nous dire le plaisir de l’instant et la qualité de la rencontre.
Titulaire d’une MFA (Master of Fine Arts), elle enseigne la photographie et le cinéma à Boston depuis 25 ans. Anne Rearick a reçu de nombreux bourses et prix, notamment la bourse Guggenheim pour son travail sur la boxe amateur ; le prix Roger Pic décerné par la SCAM pour les townships d’Afrique du Sud ; le prix European Mosaique et la bourse Fulbright/Annette Kade. Deux monographies de son travail ont été publiées : Miresicoletea, sur le Pays Basque, en 2003 et Township, en 2016 (sélection Nadar).
Ses photographies ont intégrées les grandes collections publiques internationales, telles que la Bibliothèque nationale de France, le Centre national de l’audiovisuel du Luxembourg et le Museum of Modern Art de San Francisco.
Anne Rearick est membre de l’agence VU’ et est représentée par la galerie Clémentine de la Féronnière à Paris.


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