– Chapelle du Quartier Haut –
- VERNISSAGE SAMEDI 12 MAI À 11H30 - VISITE DIMANCHE 13 MAI À 10H -

ARTISTE EN RÉSIDENCE > STÉPHANE COUTURIER

SETE #18

Ce travail photographique et vidéo sur la ville de Sète voudrait expérimenter une sorte de révélation
photographique. Plutôt que de saisir successivement différentes vues de la ville, l’idée est de s’approcher au plus
près des sensations pures que l’on perçoit lors des déambulations dans la ville, en juxtaposant deux points de
vues dans la même photographie.

Ce processus s’apparente à une sorte de persistance rétinienne dans laquelle les fragments photographiques s’entremêlent. La dualité photographique établit un va et vient entre différentes sensations, témoignage de la fluidité des choses, toujours en transformation.

Cette position permet de garder toutes les données sensorielles d’un même lieu, sans les organiser, ni les hiérarchiser. Ce qui parait indécis, déséquilibré, glisse peu à peu vers cette révélation photographique. Avec comme vocabulaire photographique, la frontalité de la trame urbaine associée aux formes géométriques et colorées de la ville, ces fragmentations, tensions dynamiques et hybridations colorées, font surgir cette ville en perpétuelle évolution.

Nous ne pouvons qu’être frappés par cette analogie du réveil qu’évoque Paul Valéry, le 7 janvier 1939, lorsqu'il prononce son allocution à l’occasion du centenaire de l’invention de la photographie: « Peu à peu, ça et là, quelques taches apparaissent, pareilles à un balbutiement d’être qui se réveille. Ces fragments se multiplient, se soudent , se complètent, et l’on ne peut s’empêcher de songer devant cette formation, d’abord discontinue, qui procède par bonds et éléments insignifiants, mais qui converge vers une composition reconnaissable, à bien des précipitations qui s’observent dans l’esprit ; à bien des souvenirs qui se précisent ; à des certitudes qui tout à coup se cristallisent ; à la production de certains vers privilégiés, qui s’établissent, se dégageant brusquement du désordre du langage intérieur ».

Ce temps du surgissement, que Valéry ne se lasse pas d’observer, est l’élément fondateur de cette série. Pour chaque point de vue choisi sur la ville de Sète, le protocole consiste à choisir deux visions d’un même lieu, par exemple en champ – contre-champ, pour saisir une sorte de synthèse de ce lieu.

Cet équilibre entre formes géométriques et combinaisons de couleurs aboutit à une sorte d’entreprise de déconstruction de la photographie.

La plupart des quartiers auront été traités dans ce sens, ainsi le Centre ville, les quartiers de la Pointe Courte ou du Pont-Levis, le port de commerce, le quartier Haut etc… apparaissent sous forme d’un assemblage de masses, de matières et de couleurs purement sétoises.

Stéphane Couturier - Sète #18

© Stéphane Couturier / La Galerie Particulière, Paris - Bruxelles

BIOGRAPHIE
Stéphane Couturier est né en France en 1957. Il a commencé sa carrière de photographe à Paris, sa ville natale, au début des années 1990 et a depuis réalisé plusieurs importantes séries. Les photographies de Stéphane Couturier, qu’elles montrent un chantier à Berlin, des immeubles en ruine à la Havane ou une chaîne d’assemblage automobile à Valenciennes, parlent toutes de transformation. Un sujet qu’il aborde avec un sens certain de la construction et de la composition, assorti d’une sensibilité aiguë pour la couleur.

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